...et maintenant, un peu d'histoire.                      


Pendant plus d'une décennie, ÉONZ a habité le paysage musical québécois de façon fière et indépendante. Concoctant un alliage de rock singulier; du "power pop" de Caméléon de fantaisie, en passant par les élans psychédéliques de Chauffe Soleil, jusqu'au lourd "groove" de Cible sans arme, on reconnaît toujours le son "éonz" grâce à ses mélodies et la voix unique du chanteur Richard Savoie.

Comme dans bien des cas, le succès et la reconnaissance à plus grande échelle semblent les avoir évités à maintes occasions. Entêté, ÉONZ s'est malgré tout taillé une place enviable au sein d'une industrie trop occupée à se regarder le nombril et, à bien des égards, fait figure de "groupe-phare" et de survivant.

L'histoire débute au cégep d'Alma en 1989, quand quatre étudiants en musique, Steeve Lapointe (claviers), Pierre Talbot (guitares), Jacques Bouchard (basse) et Sylvain Simard (voix) décident de former un p'tit groupe que Pierre baptise EONS (qui deviendra ÉONZ un peu plus tard). D'inspiration très religieuse, les chansons composées principalement par Pierre pourraient être qualifiées de "Christian Rock" si on était au U.S.A.. Une fois leurs études terminées, avec plus ou moins de succès, les gars déménagent à Québec à la recherche de gloire, de fortune et, surtout, d'un batteur!

Entre en scène Patrick Paquet et le sous-sol de son père, où la troupe peut pratiquer à sa guise. À l'hiver, le groupe est inscrit au concours "La relève rock" au D'Auteuil. Mais une certaine tension règne entre Steeve et Pierre. M. Talbot, plein d'initiative, recrute Richard Savoie, un guitariste/confrère de travail chez Musique Richard Gendreau, pour remplacer M. Lapointe. Sous cette forme, ÉONZ fait ce que tout bon groupe qui débute fait: des concours, un démo de cinq pièces et perd leur chanteur. En effet, à l'été de 1990, Sylvain fait ses adieux pour poursuivre ses études en musique classique. Richard prend la relève, le groupe commence à jouer dans les clubs et, déjà, des divergences d'opinion au niveau de l'orientation musicale surgissent. Ce qui mène au départ de Pierre en décembre.

Patrick fait appel à son ami Éric Blanchard pour jouer de la guitare et, oh surprise!, voilà Steeve Lapointe qui se pointe de nouveau, au début comme technicien de son et finalement comme claviériste. Pendant un bout de temps, ÉONZ fait son petit bonhomme de chemin, entamant un projet de démo (qui allait devenir l'album "Caméléon de fantaisie") jusqu'à ce que Jacques se mette à penser à ses vieux jours. À l'été de 1992, il décide d'abandonner la musique et devenir un citoyen honnête et respectable!

Et c'est avec l'arrivée du bassiste Dany Landry que le band commence à connaître la popularité et un début de notoriété. Leur premier album, "Caméléon de fantaisie", voit le jour en juin 1993 et connaît un succès inattendu. Le premier extrait, la pièce titre du disque, se retrouve, entre autres, en première position du palmarès de CHOI-FM, récemment converti en station rock. Cela permet, combiné aux nombreux spectacles donnés par le groupe, de vendre sans véritable distribution près de 5000 exemplaires de l'album.

En mai 1994, ÉONZ change encore de "line-up": Alain Bergeron se voit confier le rôle de bassiste au sein du groupe. Sa présence sera, cependant, de courte durée. Moins d'un an plus tard, pendant les séances de pré-production de "Briser le silence", il lâche tout, à la grande surprise de ses compagnons!! Quelque peu désemparés par les évènements, les gars savent qu'il est hors de question de se mettre à la recherche d'un autre bassiste. C'est à la suggestion de Patrick que Richard essaie le nouvel instrument. Heureusement, l'adaptation est rapide et la bande achève l'enregistrement de "Briser le silence". Lancé à l'automne 1995, c'est le disque qui permet au groupe de se faire connaître à travers la province. Les pièces "Partir", "Somnambule" et "Si le ciel", toutes doublées d'un vidéo-clip diffusé à MUSIQUE PLUS, font bonne figure sur les palmarès radio québécois. Continuellement en tournée, les spectacles d'ÉONZ entraînent les non-initiés à découvrir une formation énergique et spontanée qui n'en est pas à ses premières armes sur scène.

Le troisième album, éponyme celui-là, paraît en octobre 1997. Le premier extrait, "J'ai pas sommeil", représente parfaitement la direction vers laquelle le groupe s'oriente désormais, un rock plus intense et ouvert sur de nouvelles sonorités. S'ensuit, encore une fois, une série de spectacles qui les mèneront aux quatre coins de la province. L'addition, pour cette tournée, du violoncelliste Philippe Mius D'Entremont apporte subtilité et relief à la musique du groupe, spécialement pendant les quelques performances acoustiques données pendant l'année suivante.

Suite à cette nouvelle collaboration, l'enthousiasme règne et les idées de nouvelles chansons bouillonnent. Mais le projet d'un nouvel album est mis en veilleuse suite à l'anévrisme dont est victime Patrick en mai 1999. On décide alors de lancer la compilation "...avec un zède, live!" qui deviendra le legs musical de cette version de groupe car à la fin de l'année, les gars décide de prendre une pause qui va transformer, encore une fois, le visage d'ÉONZ.

En effet, à l'été 2000, Éric et Steeve quittent la formation pour se consacrer à la réalisation et aux studios NEWROCK. Patrick et Richard décident de continuer l'aventure et recrutent les guitaristes Guillaume Doiron et Sébastien Langlois: on planifie quelques séances de répétitions pour voir si ça "colle" et, effectivement, la chimie s'installe, le courant passe! Cependant, les mois passent trop vite et les horaires conflictuels des gars leur font finalement réaliser que le moment est peut-être venu de passer à autre choses. Ils ont quand même le temps d'enregistrer deux pièces, "Cible sans arme" et "La raison", qui se retrouveront sur l'ultime CD du groupe, "ÉONZ SIMPLE 1993-2002", une compilation de leurs succès radio.

"La réalisation d'un album compilation était l'occasion de mettre sur CD leurs deux dernières chansons et « surtout de répondre à la demande des fans qui voulaient un regroupement de nos chansons », de dire Richard.